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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 13:43

21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 16:39

 

Les attaques de Paris doivent-elles entraîner un changement de stratégie de la part de la France dans sa lutte contre les djihadismes ?

Oui, j'appelle à un aggiornamento diplomatique car le terrorisme n'est pas uniquement une question intérieure, dû à nos failles en matière de sécurité, d'intégration ou d'éducation. C'est une conséquence de la montée en puissance d'un totalitarisme islamiste observable du Pakistan au Nigéria. C'est une crise mondiale. Face à cette menace, la France a le devoir de s'interroger sur l'efficacité de la lutte qu'elle mène avec ses alliés. La stratégie occidentale au Proche-Orient est un échec. L'intervention de l'OTAN en Afghanistan n'a pas porté ses fruits ; l'Irak et la Libye sont en situation de chaos ; la Syrie connait une guerre civile et constitue le foyer le plus dangereux dans la région ; le Yémen n'a quasiment plus d'Etat... Les pays arabes et du Moyen-Orient, ainsi que les pays africains, sont les premiers menacés par le terrorisme. Il n'y a donc pas de choc de civilisations mais bien un fléau global.

 

Quelles leçons doit en tirer François Hollande ?

Il ne faut plus raisonner comme du temps de la guerre froide, avec l'OTAN et un front commun constitué par les nations occidentales. Il faut élargir nos alliances. Tant que l'on n'entame pas une discussion sérieuse avec la Russie, il n'y a aucun espoir, à court terme, d'obliger Bachar Al-Assad à quitter le pouvoir en Syrie pour faire émerger un régime de transition. Quand il s'est agi de combattre le nazisme, nous n'avons pas hésité à nous allier avec Staline. Aujourd’hui, malgré nos différends, Poutine n’est pas Staline et nous avons le devoir commun d’éteindre l’incendie qui nous menace tous. Il faut aussi discuter avec l'Iran, qui est un grand pays et qui va monter en puissance dans la région. On a évidemment des sujets de contentieux avec Téhéran, notamment par rapport à la menace nucléaire. Mais penser que l'on va régler les problèmes du Moyen-Orient sans l'Iran est une impasse.

 

Quelle attitude avoir vis-à-vis des pays arabes ? 

Il faut davantage s'appuyer sur eux. Mais cela suppose de mettre devant leurs responsabilités quelques pays dont le rôle est ambigu. Cela concerne le Qatar et la Turquie. Ankara ne peut pas à la fois être engagée dans une campagne d'adhésion à l'Union européenne et en même temps, laisser les Kurdes se faire massacrer en Syrie, tout en laissant des djihadistes européens transiter par son territoire en toute impunité.

 

Le Qatar finance-t-il le terrorisme ?

Je n'ai aucune preuve mais à chacun de mes déplacements au Proche-Orient, j'entends dire que des organisations religieuses de plusieurs pays du Golfe financent des groupes terroristes. Des rapports des services de renseignement américains tendent à le démontrer. On ne peut pas rester dans le doute. En septembre, j'avais proposé que la France saisisse le Tribunal pénal international (TPI) pour crime contre l'humanité contre l'Etat islamique et ses complices. L'idée étant de déclencher une enquête internationale sur les financements de ces mouvements. La diplomatie française a pris cette initiative, qui est malheureusement bloquée pour le moment au conseil sécurité de l'ONU.

 

Nicolas Sarkozy n'est-il pas allé trop loin dans le rapprochement de la France avec le Qatar ?

Je suis solidaire de ce qui a été fait lors du précédent quinquennat. Que le Qatar investisse en France n'est pas la question mais son engagement contre le terrorisme doit être clair. Ou bien la France est impliquée dans une guerre totale avec des alliances sûres ou elle reste prisonnière d'un jeu oriental complexe et dangereux pour elle.

 

François Hollande doit-il être davantage à l'initiative sur la scène diplomatique ? 

Suite aux rassemblements du 11 janvier, le chef de l'Etat dispose d'une légitimité très forte pour obliger les occidentaux -et au moins les Européens- à repenser leur stratégie au Moyen-Orient. Il ne doit pas perdre de temps et être à l'initiative dès maintenant. Ensuite, il doit mener un dialogue sur l'effort de guerre. Angela Merkel ne peut pas venir à Paris manifester sa solidarité, sans participer à la lutte contre le terrorisme. Les Allemands doivent s'engager militairement ou prendre part au financement des opérations menées par leurs alliés.

 

Faut-il accroître les moyens militaires français au Sahel et en Irak ?

Non, car la France n'en a pas les moyens et ne peut pas non plus mener d'opérations militaires supplémentaires sur d'autres fronts, comme la Libye. Paris ne peut pas constamment être en première ligne et doit plutôt élargir la coalition qui lutte contre le terrorisme.

 

François Hollande veut adoucir le rythme de suppression des postes dans l'armée, cela suffit-il ? 

Non, il faut mettre un terme à la réduction des effectifs militaires prévue car sinon la France ne sera plus en mesure d'intervenir de manière autonome. En terme de budget, cela suppose de redéployer des crédits vers la défense nationale en revenant sur les créations de postes dans l'éducation, en diminuant les effectifs des collectivités locales, ainsi qu'en abrogeant les 35 heures dans la fonction publique. Passer à 39 heures permettrait de renforcer le service public sans multiplier les embauches.

 

L'UMP doit-elle prolonger l'unité nationale ?

L’unité nationale dépend d’abord des initiatives de François Hollande. C’est à lui et son gouvernement de faire les gestes pour avoir le concours les forces politiques du pays. La loi Macron est une occasion de faire un bout de chemin les uns vers les autres, en mettant un place un agenda national. Cela suppose que droite et gauche se mettent d'accord pour appliquer des réformes de nature à relancer la croissance. Je vais d'ailleurs déposer des amendements ciblés pour muscler ce projet de loi. Ils porteront sur le temps de travail dans les entreprises, sur l'assurance chômage, sur les seuils sociaux…

 

Soutenez-vous la proposition de l'UMP de prononcer la déchéance de nationalité ou l'indignité nationale pour les djihadistes français ?

La déchéance de nationalité pour les binationaux et l’indignité nationale ont du sens mais ces mesures sont surtout symboliques. Elles ne feront pas reculer des fanatiques qui sont dans une logique suicidaire.

 

Le regain de popularité de François Hollande peut-il durer ? 

Il a fait son devoir et c'est normal que les Français lui en soient gré. Mais tout va dépendre de ce qu’il va faire de ce regain de confiance maintenant. La crise est là et les fondamentaux n'ont pas changé : le chômage continue d'augmenter, la situation économique du pays se dégrade et la cohésion nationale est à l'épreuve. On peut réagir car la France est toujours debout !

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  • Ancien èlu.R.P.R.
1983:à PARIS-
2001: en LOIRE-ATLANTIQUE.
Ancien chargé de mission du Chêne.
Ancien chargé de mission de l'union Gaulliste de France
Actuellement: Président de l' UNC de Batz sur Mer. de puis 2004.
Président du comité UNC pour les commémorations des cérémonies du 70 em anniversaire
  • Ancien èlu.R.P.R. 1983:à PARIS- 2001: en LOIRE-ATLANTIQUE. Ancien chargé de mission du Chêne. Ancien chargé de mission de l'union Gaulliste de France Actuellement: Président de l' UNC de Batz sur Mer. de puis 2004. Président du comité UNC pour les commémorations des cérémonies du 70 em anniversaire

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