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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 09:55

12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 17:03

Vous avez participé dimanche à la marche républicaine. Que vous inspire ce rassemblement ?

Les terroristes voulaient nous intimider, nous diviser. La réponse de notre peuple a été puissante et digne : ce fut une vague populaire pour défendre la liberté. Dans l’épreuve, les Français sont beaucoup plus solides qu’on ne le dit parfois. Ils ont l’instinct de la République et ils ont senti que le mot fraternité avait du sens face à la barbarie.

Une fois l’émotion passée que faut-il faire, changer, reconstruire ?

La guerre contre le terrorisme est loin d’être gagnée. Au Proche et Moyen Orient, en Afrique, des réseaux sont structurés, armés, financés. La solidarité de l’Europe et de la communauté internationale doit se manifester sur le terrain militaire et diplomatique. Et puis le virus djihadiste existe chez nous. Il faut renforcer nos moyens de sécurité et de renseignement, mais c’est aussi un combat pour les valeurs que nous devons livrer ensemble. Que des jeunes Français puissent se fourvoyer dans le djihadisme, c’est le signe d’une déstructuration des repères communs.

C’est tous les jours qu’il faut apprendre à aimer la France et à respecter les principes de la République. C’est un défi pour l’Etat, pour son modèle d’intégration qui tourne à vide, pour les élus qui doivent débattre sans exciter la violence, pour l’école et les familles, pour le culte musulman qui doit livrer une bataille spirituelle contre ses extrêmes. Pour désactiver le fanatisme, il faut la force d’un idéal commun.

La loi Macron est en commission à l’Assemblée. De plus en plus de voix à droite estiment que ce texte comporte de nombreux points positifs. Partagez-vous cet avis ?

La situation économique est désastreuse et les perspectives de croissance qui s’annoncent pour 2015 ne permettront en aucun cas de réduire le chômage. C’est la cohésion même de la société française qui est mise en cause. Emmanuel Macron a donc raison de vouloir relancer la croissance. Mais le peut-il ? Non ! Sa loi est beaucoup trop modeste. Les effets seront infinitésimaux par rapport à l’importance des défis à relever.

Vous qui vous dites libéral, aucune mesure de la loi ne trouve gré à vos yeux ?

Il y a quelques points positifs. C’est d’abord un projet de loi qui tourne le dos aux dogmes de la vieille gauche. Le travail le dimanche est aussi une avancée pour moi, de même que les mesures sur les prud’hommes ou la libéralisation des transports par autocar. Mais dans la situation de blocage actuel de notre pays, il faut agir fortement et maintenant. Le gouvernement doit dialoguer avec l’opposition. Ce texte devrait être l’occasion d’une union nationale pour la croissance et l’emploi. C’est pourquoi je déposerai une dizaine d’amendements qui seraient de nature à faire de ce texte de loi un vrai signal vis-à-vis de l’économie française. Si ces amendements étaient adoptés, je pourrais voter ce projet de loi.

Que proposez-vous ?

Le premier amendement porte sur les 35 heures et le renvoi aux négociations en entreprises comme le ministre de l’Economie l’a lui-même évoqué. Un autre consiste à doubler tous les seuils sociaux. Je propose aussi d’instaurer la dégressivité des allocations chômage, de suspendre le compte pénibilité et de mettre en place le contrat de travail à droits progressifs défendu par le prix Nobel d’Economie Jean Tirole, encensé par le gouvernement. Trois autres de mes amendements portent sur la relance de l’apprentissage en redéployant les crédits alloués aux emplois aidés, l’instauration d’accords majoritaires d’entreprise qui puissent prévaloir sur le contrat de travail individuel, et enfin l’instauration d’une barémisation des indemnités prud’homales, comme cela figurait dans une des premières versions du projet de loi Macron.

Ils n’ont aucune chance de passer...

Sur plusieurs des sujets que j’avance, Manuel Valls et Emmanuel Macron ont, eux-mêmes, tenu des discours réformateurs. Alors passons aux actes ! On ne peut pas attendre deux ans et demi pour relancer vraiment l’économie française et combattre le chômage. Pour notre économie, c’est certainement le dernier rendez-vous législatif avant 2017. Et je suis prêt à des aménagements. Sur les 35 heures, une voie de compromis pourrait se dessiner avec des accords offensifs et non plus seulement défensifs pour sécuriser l’emploi. Si le texte est voté en l’état, ce sera un très gros effort politique pour le gouvernement pour un résultat économique quasiment nul. Alors sans en faire « la loi du siècle », on pourrait au moins essayer ensemble d’en faire la loi percutante des deux ans et demi à venir. Ceux qui à droite se sont engagés à voter le texte sans essayer de l’améliorer ont tort.

Sur les professions réglementées, le statu quo est-il tenable ?

Il y a des professions sur lesquelles on pourrait ouvrir davantage le système mais le sujet des notaires est compliqué. Il y a un équilibre à trouver entre la sécurité juridique des actes notariés et le système à l’anglo-saxonne. Quant à la libre installation, je doute que le système d’indemnisation interne à la profession imaginée par Bercy soit conforme à la Constitution.

Vos amendements, c’est aussi toutes les réformes que vous n’avez pas faites...

Je fais de la lucidité et de la vérité l’axe de mon projet de redressement national. C’est la raison pour laquelle depuis deux ans j’ai passé l’essentiel de mon temps à analyser les succès et les échecs du quinquennat précédent pour proposer des solutions qui soient plus radicales et plus en phase avec la gravité de la situation de notre économie.

Quelles initiatives doivent prendre François Hollande et Angela Merkel pour relancer l’Europe ?

2015 est l’année de tous les dangers pour l’Union européenne. Crise ukrainienne, possible redémarrage de la crise financière avec la Grèce, sortie qui se profile de la Grande-Bretagne de l’Europe, besoin de réformes structurelles en France... Sur la Grèce, Paris et Berlin doivent affirmer clairement qu’une décision d’Athènes de ne pas rembourser ses dettes ne serait pas acceptable. Il n’est pas envisageable qu’un pays, même la Grèce, quitte l’euro. En revanche, aucun pays ne peut vivre au crédit des autres. Plus largement, l’Europe doit arrêter d’être le spectateur impuissant des crises, qu’elles soient grecque ou britannique. Pour cela, il faut des changements importants.

Lesquels ?

Je défends l’idée d’une Europe à plusieurs vitesses. L’Europe des 28 devrait être plus souple et l’Europe de la zone euro plus intégrée avec un gouvernement économique contrôlé par un Parlement et un agenda de rapprochement fiscal. J’ajouterai la nécessité d’imposer l’euro comme monnaie de règlement des échanges sur le territoire de la zone euro. C’est seulement si des initiatives fortes sont prises que Paris et Berlin pourraient mettre David Cameron au pied du mur et lui dire : « Maintenant, choisissez dans quelle Europe vous voulez être ou ne pas être ».

Croyez-vous vraiment qu’il y ait un espace pour davantage d’intégration en zone euro ? Les derniers scrutins ne l’ont pas montré…

Oui, les opinions publiques sont déboussolées par l’absence totale de stratégie d’une Europe qui s’est élargie trop vite, qui s’obsède sur des sujets mineurs et ne s’occupe pas des sujets fondamentaux : l’euro, l’immigration, l’emploi et la sécurité. Allégeons un certain nombre de compétences européennes pour se concentrer sur l’essentiel.

Le couple franco-allemand est déséquilibré… La France n’a-t-elle pas intérêt à chercher d’autres alliances en Europe ?

C’est vrai, le couple est déséquilibré. Mais en même temps, il n’y a pas d’autre alternative. Sans couple franco-allemand, pas de réforme possible, sans réforme pas d’élan européen, et M. Cameron quittera l’Europe. La sortie de la Grande-Bretagne, c’est à terme l’éclatement de l’Europe. Mais pour faire avancer le couple franco-allemand, il faut arrêter de critiquer l’Allemagne et de dire qu’elle ne fait pas d’efforts pour le reste de l’Europe. Elle a accepté une évolution du rôle de la BCE, qui pèse lourd face à l’immobilisme de la politique économique en France.

Il n’y a donc, à vos yeux, aucun reproche à faire à Berlin ?

On pourrait donner des «leçons» à l’Allemagne si nous étions en position de force et décidés à nous moderniser : nous avons un déficit public qui grimpe, une compétitivité défaillante et un chômage en hausse ! La quasi-totalité des pays européens se sont réformés : la Suède, l’Allemagne, l’Espagne, la Grande-Bretagne et même l’Italie. Nulle part en Europe, il n’y a de solidarité avec la France contre l’Allemagne. Pour entraîner ses partenaires européens, notre nation doit faire la preuve de son redressement.

Soutenez-vous le mouvement actuel des médecins ?

Je suis opposé au tiers payant généralisé. C’est une usine à gaz technique. Mais c’est surtout une faute politique. La gratuité totale des soins est un leurre, une philosophie qui pousse à l’irresponsabilité.

Si la droite revient au pouvoir en 2017, seriez-vous prêt à augmenter le tarif de la consultation ?

Il est légitime de mieux rémunérer les médecins généralistes, mais étant donné la situation budgétaire de la France, il ne serait pas responsable de s’engager à le faire du jour au lendemain.

Estimez-vous réalisable la nouvelle taxe sur les transactions financières évoquée par François Hollande ?

D’abord, il faut dire la vérité : c’est un impôt supplémentaire ! Pour réussir, elle doit être universelle. On pourrait éventuellement la gérer si elle était au moins européenne. Mais une taxe qui ne concernerait ni la Grande-Bretagne, ni le Luxembourg perdrait de son sens et serait une catastrophe pour la place de Paris.

Économiquement, qu’est-ce qui vous différencie de Nicolas Sarkozy et d’Alain Juppé ?

Il y a une différence d’analyse qui est utile au débat. Je pense que la situation, extrêmement grave, exige un choc puissant pour remettre le pays en marche, avec la mise en œuvre, dans un délai très court, d’une manière un peu musclée, d’une dizaine de réformes. Alain Juppé explique qu’il n’aime pas le mot de rupture. Je le respecte, cela a été ma position pendant des années. Lui est sur la réforme progressive, sur un modèle français qui n’est pas éloigné du mien mais qui en terme de méthode de transformation, me semble compromis. Pour Nicolas Sarkozy, j’attends de voir ce qu’il propose. Entre nous trois, le débat peut être fécond pour l’avenir de notre pays.

Interview aux Échos : «C’est tous les jours qu’il faut apprendre à aimer la France»

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  • Gaullistes de Bretagne et Pays de la Loire
  • Ancien èlu.R.P.R.
1983:à PARIS-
2001: en LOIRE-ATLANTIQUE.
Ancien chargé de mission du Chêne.
Ancien chargé de mission de l'union Gaulliste de France
Actuellement: Président de l' UNC de Batz sur Mer. de puis 2004.
Président du comité UNC pour les commémorations des cérémonies du 70 em anniversaire
  • Ancien èlu.R.P.R. 1983:à PARIS- 2001: en LOIRE-ATLANTIQUE. Ancien chargé de mission du Chêne. Ancien chargé de mission de l'union Gaulliste de France Actuellement: Président de l' UNC de Batz sur Mer. de puis 2004. Président du comité UNC pour les commémorations des cérémonies du 70 em anniversaire

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